Gone Girl

gone-girlTout commence avec un gros plan sur l’arrière de la tête d’une femme, une musique qui glace le sang et une voix d’homme insondable dont les tons oscillent entre tendresse et peur : “When I think of my wife, I picture cracking her lovely skull, unspooling her brains. Trying to get answers: What are you thinking? What are you feeling? What have we done to each other?” Brusquement la tête se retourne pour laisser apparaître le visage de l’actrice Rosamund Pike. Elle arbore un demi-sourire aussi inscrutable que la voix de l’homme. Fade to Black.

En une trentaine de secondes Gone Girl, le dernier film de David Fincher, m’a conquis. Conquis au point de retourner le voir une deuxième fois – ce qui est rare venant de ma part. Conquis au point d’avoir eu des frissons à chaque séance. Conquis au point d’en écouter la bande sonore en boucle. Conquis au point de me faire sortir de ma torpeur de blogueur pour écrire un article dessus.

Si vous êtes un(e) habitué(e) de ce blog, vous devez probablement savoir que je suis un grand fanboy de l’œuvre de Fincher (Fight Club, Seven, The Game, Alien 3, Panic Room, Zodiac, Social Network, Millénium, House of Cards). J’attendais ce film comme le messie et le moins que je puisse dire c’est qu’il ne m’a pas déçu! Le pitch est simple : le jour de leur cinquième anniversaire de mariage Amy Dunne (Rosamund Pike), la femme de Nick Dunne (Ben Affleck), disparaît. Tous les soupçons (policiers, médiatiques et familiaux) se portent vers Nick qui pourrait bien y être pour quelque chose.

L’immersion dans le film est totale grâce à une ambiance angoissante et paranoïaque qui prend aux tripes – dû au mélange de la musique de Trent Reznor et Atticus Ross et de la réalisation minutieuse de Fincher. Ces trois derniers avaient déjà travaillé ensemble sur Millénium et Social Network. Cette immersion est renforcée par un jeu d’acteur parfait (un grand bravo à Rosamund Pike tout simplement incroyable) et un scénario envoutant et cohérent qui vous laissera bouche bée.

Extrait musical “What have we done to each other?” Trent Reznor & Atticus Ross

Le but de Fincher dans Gone Girl – comme pour tous ses précédents films – est de disséquer les relations humaines et les vices de la société en abordant plusieurs thématiques avec un regard critique et une pointe d’humour noir. Tout d’abord il y a l’institution du mariage qui est vue comme quelque chose de claustrophobique dont on ne peut pas s’échapper et où l’on essaye de sauver les meubles. Fincher s’attaque ensuite aux médias de masse qui se soucient uniquement de faire le buzz quitte à lancer une traque à l’homme et à détruire Nick. (J’en passe et des meilleures…).

Ces critiques se muent au long du film en une satire sociale: tout n’est qu’apparence, que ce soit au niveau personnel ou public. Si on est attentif, on peut remarquer que tous les personnages de Gone Girl jouent un rôle, par plaisir pervert ou par nature. Comment ne pas faire le lien avec notre société actuelle bien trop souvent voyeuriste, fausse et illusoire, bercée par l’information continue de faits sordides et les réseaux sociaux. Gone Girl est en vérité une espèce de miroir acide de notre réalité.

Gone Girl c’est le film de l’année, le film à ne pas manquer, le film qui vous glacera le sang, vous retournera la tête et vous fera grincer des dents. Allez le voir.

note 10

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